Claude Evrard
joue le rôle de M. Walter


Evrard, sourcils de Raminagrobis, griffes d’acier sous pattes de velours, oeil de vieux matou, laisse croire qu’il dort, mais il joue. Feindre, c’est tout l’art du chat et de l’acteur.


Lorsque la souris s’aventure, d’un bond de chat l’attrape et la croque aussi vivement qu’Evrard attrape le public et le croque d’un rire ou d’une larme venue on ne sait d’où, venue d’une secrète blessure, d’une profondeur masquée sous un air de greffier alangui, sur lui-même enroulé.

Dire qu’Evrard est rond, c’est dire sa délicatesse, sa légèreté de bulle de savon. C’est dire sa perfection.
Dire qu’il porte le rêve dans son nom.
Dire que c’est si rare, qu’Evrard est le seul chat qui nous laisse petit patapon devant son art.

Gérard Mordillat