| GERARD
HERNANDEZ
Avant le "Dîner de cons" le nom propre,
Cheval, évoquait pour moi le fameux facteur, ses constructions
et ses jardins délirants. Mais, depuis la création
de la pièce de Francis Veber, que j'ai eu le bonheur
de mettre en scène, Cheval c'est d'abord et avant tout,
l'inspecteur des impôts, retors, féroce, rigolard,
amateur de foot et cocu de la scène des Variétés.
L'instant où il apprend son infortune reste un des souvenirs
de théâtre
comme on en a peu. Ce Cheval là a définitivement
les traits de Gérard Hernandez. Avant même d'apparaître
en scène, on l'entendait à travers le haut parleur
du téléphone et à sa première réplique
le public riait déjà de lui et de Jacques Villeret
dans le rôle de Pignon "le pas si con que ça"
démarrant un mano à mano inoubliable. Avec Jeannot
(Gérard et moi savons bien qu'il n'y en a qu'un Jean Poiret)
chaque fois qu'on a eu le rôle où Hernandez était
incontournable, on a toujours tapé dans le mille en le
choisissant, l'huissier faux cul de "La Présidente" ,
le manager filou de "Trois partout" et l'ami opportuniste
et néanmoins
associé de "Sans Rancune", chaque fois les réactions
du public nous ont réconfortés de notre choix. Pour
compléter, je peux dire que lorsqu'on est son ami on a
en plus la chance que, dans la vie, il doit vibrer, il n'a pas
toujours très bon caractère mais c'est la preuve
qu'il en a, et quand il ne mâche pas ses mots c'est pour éviter
qu'ils lui restent sur l'estomac. Bref, vous l'avez compris,
sur le plat, les haies, ou le trot, peu importe dès que
l'occasion va se présenter je vais remiser les yeux fennés
sur mon Cheval favori, mon copain gégé - casaque
rouge Théâtre.
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