| Pierre
MONDY
est à la mise en scène
Parler de Pierre me pose toujours
un problème. Car, il m'est impossible de le faire avec
distanciation. Il y a depuis si longtemps entre nous une " romance ",
comme disent les Anglo-Saxons, qu' il est difficile pour moi
de louer ses vertus sans donner l' impression d' être d'
un parti pris éhonté. N'allez pourtant pas en déduire,
sous prétexte de " Cage aux folles " commune,
qu' il a cessé de courir le 400 m jupons et que je ne
suis plus sensible aux dames de " Play-Boy ". Non,
s' il existe un amour entre nous, c'est celui du spectacle.
Le diabolique Pierrot n'en finit pas de me séduire, et
je ne suis pas le seul, par son appétit de scène,
sa gourmandise d' homme de théâtre, soit qu' il
croque lui-même la réplique,
ou qu' il la fasse goûter aux autres. C' est un " Super
Quatre Toques " de la rampe. Il sait, comme Guérard,
faire d' un " mille feuilles de manuscrit " une oeuvre
aérienne ; comme Senderens, redonner aux textes une saveur
nouvelle. Le tout arrosé d' un oeil bleu pétillant,
et d' un tonus à réveiller un mort. Car Pierre
est, comme le pur cashmere, " 100 % vie ". Pas
de mélange,
pas de mélancolie, pas de nostalgie. Ou, s' il lui arrive
d' en avoir, comme tout le monde, il n' arrive pas à en
faire profiter les autres. C' est un égoïste de l'idée
noire. J' allais dire " Pierre, c'est une tente d'oxygène
", mais vous avez l' esprit tellement mal tourné...!
!Il est vrai pourtant que lorsqu' il entre en scène ou
qu' il s'installe à sa table de réalisateur, on
a l' impression de respirer à pleins poumons Profitez-en
donc bien car, dans le merveilleux talent qu' il apporte à incarner
des personnages ou à les aider à prendre vie, il
y a ce souffle incomparable qui est celui de la joie. |