revue brillante de Cogniard et Clairville :
Ohé!
Les P'tits Agneaux! qui remporte tous les succès.
1858 ne sera pas un très grand cru et si Les
Bibelots du Diable sont très applaudis,
L' Ut dièze de Grangé,
Deux Merles Blancs de Labiche, Je
marie Victoire de Cormon et Grangé,
Le Pays des Amours de Plouvier, passent inaperçus.
L'année se termine par une revue brillante :
As-tu vu la comète, mon gars? qui passera très
vite.
L'année suivante est marquée par une excellente
comédie de Dumanoir et Thiboust :
Le Capitaine Chérubin dans laquelle la Déjazet
chante à ravir - la voix n’a pas vieilli - la romance
écrite par Beaumarchais. Labiche donne également
une comédie fort divertissante :
L'Ecole des Arthur dans laquelle la belle Alphonsine
charme le public dans son rôle de grisette. On joue aussi
Les Chevaliers du Pince - Nez de
Thiboust, Le Pays des Echasses de
Cogniard et l'année se termine par une revue fort drôle
Sans
Queue ni Tête de Cogniard et Clairville
que l'on joue "à l'envers" en commençant
par la dernière réplique, ce qui donne des coq-à-l'âne
des plus comiques.
En 1860, parmi les nombreuses comédies de Thiboust, Clairville
et Cogniard, telles que Quel drôle
de monde!, Un troupier qui suit
les bonnes ou La Grande Marée,
on joue pour la première fois sur la scène des
Variétés une comédie de Meilhac et Halevy,
Ce qui plait aux Hommes pour laquelle Léo Delibes
a écrit une musique. On joue La
fille du Diable de Clairville et Thiboust et l'année
se termine par une revue au titre évocateur Oh!
La! La! Qu'c'est bête tout ça! de Cogniard
et Clairville pour ne pas changer.
Cette année 1861 mourut Eugène Scribe qui avait
donné au Théâtre des Variétés
trente-sept comédies et si le Fidelio
de Beethoven ne remportait aucun succès, tout Paris venait
rire aux Variétés où
Ya-Mein-Herr de Thiboust se jouait à bureau fermé.
Que dire de ces années 1862, 1863 et 1864, sinon que
Cogniard continuait à exploiter le même filon de
comédies légères écrites sans génie
par Thiboust et Clairville.
En avril 1864, Cogniard présente
Le Joueur de Flûte, une opérette d'Hervé.
Le Figaro du 14 août écrit "Voilà un
genre moins usé que tous les autres, vers lequel le Théâtre
des Variétés doit glisser tout doucement pour
se rajeunir". Cogniard entendit-il la leçon? Sans
doute. Mais ce n'est pas tout doucement qu'il se mit à
glisser, mais d'un seul coup, franc et puissant et cette glissade
non seulement ne descendait pas aux Enfers, mais atteignait
les sommets de l'Olympe.
Quatre mois plus tard, le 13 décembre 1864 s'échappaient
des Variétés des airs, des mélodies, des
choeurs que personne ne devait plus jamais oublier ce soir-là,
pour la première fois, on jouait La
Belle Hélène.
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