La création de l'opéra-bouffe d'Offenbach, Meilhac
et Halevy La Boulangère a
des écus n'atteindra pas les sommets d'autrefois
et sera un demi-succès. Pourtant, la mode d'Offenbach
n'est pas passée et la reprise de La
Belle Hélène en 1876 avec Mlle Judic dans
le rôle d'Hortense Schneider est un triomphe.
C'est surtout la grande époque de Labiche aux Variétés
: La Guigne, Un Jeune homme pressé,
Les trente millions de Gladiator, Le Roi dort, sont tour
à tour a l'affiche. On joue La Cigale
de Meilhac et
Halevy (1877), Niniche de
Hennequin (1878), Le Grand Casimir de
Prével (1879) ainsi qu'une opérette légère
d'Hervé La
Femme à Papa (1879).
En 1880 meurt Jacques Offenbach à l'âge de soixante
et un ans. Paris est en deuil. Le maestro n'assistera pas au
triomphe de ses Contes d'Hoffmann à l'Opéra-Comique,
pourtant l'oeuvre devait devenir "Les contes des mille
et une représentations" suivant le mot d'un chroniqueur
de l'époque.
Offenbach avait donné aux Variétés ses
plus éblouissantes soirées, mais Paris ne devait
pas être ingrat envers son diable magicien, père
du can-can et sans relâche l'auteur de La
Belle Hélène la fera chanter et danser.
1881 voit l'immense succès de Judic dans La
Roussotte de Meilhac et Halevy et 1882 les débuts
de Réjane dans la revue de fin d'année Les Variétés
de Paris de Blum et Touché.
Mam'zelle
Nitouche de Meilhac, Michaud et Hervé,
dont la première a lieu le 26 janvier 1883, remporte
un triomphe. On se croit revenu aux beaux soirs de La
Grande Duchesse. Hervé a cinquante-huit ans, on
lui décerne le titre de "Père de l'Opérette".
Offenbach dut se retourner dans sa tombe.
Vint alors pour les Variétés le temps des reprises.
Manquait-on de créateurs ? Peut-être.
En 1885 on joue vingt pièces différentes et l'on
ferme le théâtre pendant trois mois. Les créations
sont des fours. Les Remords d'Anatole de Millaud ne font que
cinq représentations. On reprend le répertoire
et même Les
Brigands pour la fin de l'année.
Février 1886 voit arriver aux Variétés
une nouvelle venue : Yvette Guilbert, dans une pièce
dont le titre la poursuivra bien après sa mort
Le
Fiacre 117 de Millaud et Najac. En compagnie
de Réjane elle jouera Décoré de Meilhac
en 1888.
Cette année-là meurt Eugène Labiche, il
avait donné vingt-trois comédies aux Variétés.
C'est Mme Sarah Bernhardt qui, en 1889, prend possession du
Théâtre des Variétés qu'elle a loué
pour quelques mois à
Eugène Bertrand, le temps de l'Exposition.
Elle a quarante-cinq ans, elle est au sommet de sa gloire et
joue avec le plus grand succès La
Dame aux Camélias et Léna.
L'année se terminera sur une revue brillante de
Blondeau et Monréal : Paris-Exposition.
Monsieur Betsy d'Alexis et Ménétrier
est créé en 1890 par Réjane qui triomphe
la même année dans Ma
Cousine de Meilhac.
1891 voyait la fin de la direction prudente et avisée
d'Eugène
Bertrand qui avait su maintenir la scène des Variétés
au tout premier rang des théâtres parisiens.
Le 1er janvier 1892, M.-F. Samuel prenait la direction de la
salle du boulevard Montmartre.
Il devait devenir l'un des princes du Paris de "la Belle
Epoque".
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